Ferron parmi les grands

Malgré une mésaventure au 18e, il remporte son premier majeur par deux coups.

Il n'y a rien d'évident quand il est question de gagner un majeur. La 36e édition du Championnat du Club en fût la preuve. Lors d'un superbe lundi après-midi de septembre, c'est Tommy Ferron qui a finalement mis la main sur le précieux trophée, suite à l'effondrement des deux joueurs les plus titrés du TOUR et un 18e trou qui a failli s'avérer être l'un des plus catastrophiques de l'histoire du Championnat.

"Je ne pensais pas boire dans ce trophée aussi rapidement. C'est incroyable!" de dire le golfeur de 34 ans qui remporte un premier majeur à seulement sa deuxième saison à Montcalm. "Et quel soulagement après ce 18e! Gagner ce championnat apporte définitivement une satisfaction et un feeling hors-du-commun." a-t-il ajouté.

Tommy Ferron et la championne du volet féminin, Marie-Claude Jalbert.

Une fin plus stressante que prévu 

Parlons-en de ce fameux 18e. Après un oiselet de Camille Champagne au 17e, qui tentait de rester en vie après un premier neuf catastrophique, Tommy Ferron avait quand même une solide avance de trois coups au départ du 18e, une difficile normale 3. Ferron envoyait alors son coup de départ dans la fosse de sable, à droite du vert. "Je voulais à tout prix éviter l'obstacle d'eau à gauche du vert." de dire le champion. Et c'est là que les choses se sont compliquées...

Était-ce un manque de concentration? Était-il trop sûr de lui? Difficile à dire. Mais Ferron a fait peur à tout le monde en envoyant son coup de trappe directement à l'eau. Il devait alors jouer son quatrième coup sur le premier palier en bordure de l'eau, quelques pieds plus bas que le vert. Il réussissait alors un bon coup, plaçant sa balle à douze pieds du trou. Toutefois, le double bogey n'était pas assuré et Champagne n'était qu'à six pieds pour sauver la normale. Mais, gardant son sang-froid tel un grand champion, Ferron, armé de son atout principal, le putter, envoyait sa balle directement dans la coupe, ce qui lui assurait la victoire.

Des erreurs coûteuses en début de match auront coûté la victoire à Camille Champagne. 

"Ce n'était pas la façon dont je voulais terminer! Avec trois coups d'avance, je ne me suis pas méfié. Mais à ce jeu, ce n'est jamais fini. En tout cas, je suis très heureux de m'en être tiré. C'est définitivement une journée que je n'oublierai jamais!" de dire Ferron.

Départ catastrophique de Champagne

Camille Champagne menait par six coups avec vingt trous à jouer dans le Championnat. Il a terminé sa deuxième ronde avec deux doubles bogeys et son avance n'était plus que de deux. Et la mauvaise séquence s'est poursuivie en ronde finale, alors qu'il ratait son coup de départ et commettait un autre double bogey. Il ne détenait alors plus qu'un coup d'avance sur Ferron et Ménard.

Après un bogey au 2e et un par au 3e, il perdait les devants pour la première fois du tournoi suite à un triple bogey au 4e trou. Après être sorti du bois à son deuxième coup, son troisième allait au-delà du vert et sa balle se retrouvait en fâcheuse position. Après un court oiselet raté au 9e, il terminait le premier neuf à 44. À ce point, il était égal avec Ménard, mais trois coups derrière Ferron. "L'enfer. Aussi mal jouer était décourageant. Une réflexion s'impose suite à une telle déconfiture."

Ménard trébuche aussi

À quatre coups de la tête en début de journée, Gilles Ménard était dans le groupe final la première fois depuis 2008. Et après un birdie au premier trou qui le ramenait à seulement un petit coup de la tête, plusieurs s'imaginaient une autre remontée mémorable comme celle de 2005, année où il avait joué 69 pour coiffer Robert Chabot au fil d'arrivée. 

Après un bogey au 2e et un autre oiselet au 3e, les choses ont malheureusement commencé à se compliquer pour le quadruple champion majeur au 6e, où il envoyait son coup de départ à l'eau. Son jeu s'est détérioré, laissant les devants à Ferron et terminant le premier neuf à 40. Il n'a jamais pu retrouver son rythme sur le deuxième neuf et à terminer en quatrième place avec un 80. ''J'ai bien débuté, mais plus le match avançait, moins j'avais d'énergie. J'étais vidé sur le deuxième neuf.'' de dire le légendaire Ménard, qui peut toutefois sortir du tournoi la tête haute, ayant encore une fois tenu tête aux plus jeunes.

Ferron solide avec les devants

Pendant que ses plus proches poursuivants trébuchaient, Tommy Ferron, qui était en tête d'un tournoi majeur pour la première fois de sa carrière, jouait du golf solide, comme il l'a fait toute la saison. Menant par trois après le premier neuf, il inscrivait un oiselet au 11e. Mais Champagne répliquait avec un birdie au 12e. Mais ce dernier ne pouvait profiter d'un bogey de Ferron au 13e et l'écart restait de trois. Et en fâcheuse position au 17e, dans la trappe de sable, Ferron sauvait calmement le par pour avoir une priorité de trois au 18e. Et on connait maintenant tous la finale dramatique qu'a été le 18e.

Tommy Ferron couronne une superbe deuxième saison avec son premier Championnat du Club.

Les échos du Championnat

La constance et de Tommy Ferron durant la toute saison aura donc été payante, lui qui a été le plus constant lors du tournoi. Sans faire de gros coups d'éclat, il a su éviter les erreurs et son putting, peut-être le meilleur du circuit en 2012, l'a grandement aidé et mis en confiance.

"Ne pas faire beaucoup d'erreurs, et les récupérer avec de bons coups roulés, c'est la clef pour gagner un majeur." de dire Ferron. "Après cette victoire, je vais évidemment prendre ça plus relax d'ici la fin de la saison, mais je vais quand même tenter de jouer du bon golf, question de garder le momentum."

Le port de la moustache n'aura guère porté chance au champion de 2010 Martin Massy, qui termine en 6e place. 

Parlant de momentum, il sera important pour Ferron de garder la cadence puisque lui, Gilles Ménard et Éric Laporte se livreront une chaude lutte pour le convoité titre de Joueur de l'Année. Même si Ménard, avec sa victoire au Match-Play et sa quatrième place au Championnat du Club, a une longueur d'avance, rien n'est réglé et une grosse fin de saison de la part d'un de ces trois joueurs pour faire basculer le choix des décideurs.

Comme à chaque ronde finale, certains se sont rachetés et d'autres ont mal terminé. Du côté positif de la chose, Marc-André Grenier, avec un 72 en ronde finale, s'est hissé au troisième rang du classement général. "À partir du 11e trou en deuxième ronde, mon putting a été correct. J'ai joué -2 à partir de ce moment. Malheureusement, les dommages étaient faits et la pente très dure à remonter." de dire le champion de 2008. Grenier a terminé à quatre coups du vainqueur. Son putting erratique et son 82 de la première ronde lui ont donc coûté le tournoi.

En cinquième et sixième place, deux autres joueurs qui ont eu de la difficulté sur les verts. Raphaël

Champagne, avec quatorze verts en coups prescrits, mais un score de 76 et un seul oiselet, et Martin Massy, auteur d'un 78 qui aurait pu facilement être beaucoup mieux si les chances d'oiselet d'une dizaine de pieds étaient tombées. "Quand ça tombe pas, ça ne tombe. Mais au moins, la banane n'a pas vraiment embarqué lors des deux dernières rondes, c'est positif." de dire Massy.

Robert Chabot (73) et Vincent Labrèche (75) ont eu aussi très bien racheté un championnat difficile et ils terminent en neuvième place. "Je suis très heureux de mon jeu. Ma première ronde a été affreuse, mais le reste est encourageant. J'espère pouvoir faire des ravages lors des gros tournois de l'an prochain." de dire Labrèche.

Quant à Jean-Paul Richard, la surprise du tournoi après un 72 en deuxième ronde, il a croulé sous la pression avec sept doubles bogeys et un score de 86. Il termine en huitième place. Le finaliste du Match-Play Pierre Sabourin a quant à lui joué 87 en ronde finale et a été relégué au 18e rang, ex-aequo avec le populaire Yves Comtois. Si on peut expliquer les déboires de Comtois par l'opération à l'épaule qu'il a subi dernièrement, celles de Sabourin sont plus dures à comprendre. Mais ce dernier avait une explication: "Il est très difficile de percer lors d'un majeur. Deux fois dans la même année, c'est encore plus dur. Je lève mon chapeau à Gilles Ménard, qui a bien performé aux deux tournois majeurs."

Finalement, félicitons encore une fois Tommy Ferron pour sa superbe victoire. Sera-t-il le prochain joueur dominant à Montcalm? Pourra-t-il rafler le prestigieux titre de Joueur de l'Année? Nous le saurons très bientôt. Sur ce, bonne fin de saison à tous et nous avons déjà très hâte aux tournois majeurs de 2013!

Un tournoi décevant pour Claude Mireault, qui termine en 14e place. Quant à Marc-André Grenier, il a sauvé les meubles avec une ronde finale de 72 et une 3e place.

 

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