La légende grandit
Gilles Ménard ajoute un autre titre, un cinquième, à sa collection record de championnats majeurs.
Ce ne fut pas facile, mais Gilles Ménard voit à nouveau son nom écrit sur le prestigieux trophée du Championnat du Club. Après une superbe première ronde suivie d'une débâcle la ronde suivante, Ménard a résisté en ronde finale aux assauts de ses adversaires, qui tentaient tous de le rattraper. Un aigle au 6e et sa normale au 18e, la normale 3, alors qu'il avait raté le vert sur son coup de départ, lui a permis de se sauver in extremis avec une victoire par un coup devant Marc-André Grenier. Il s'agit de sa quatrième à ce tournoi (un record) et première depuis 2005. Avec sa victoire de l'année dernière au Match-Play, il compte maintenant cinq titres majeurs, deux de plus que Camille Champagne, Sylvain Locas et Marcel Blais.
"Ce fut une bonne bagarre. Je me suis compliqué la vie à quelques reprises aujourd'hui, surtout sur le

Gilles Ménard et la championne du volet féminin, Ève Gaudet.
deuxième neuf, mais j'ai tenu le coup." de dire le champion. "J'ai fait quelques coups très opportuns en fin de semaine, mais mon chip au 18e en était tout un. Lorsque ma balle s'est arrêtée à un pied du trou, je savais que je venais de mettre toute la pression sur Marc-André." a-t-il ajouté. "Je suis vraiment fier. Je vieillis, mais mon jeu est toujours en excellente condition. C'est très satisfaisant de voir ses efforts récompensés." a conclu le mythique golfeur de 53 ans. Tel un véritable champion, Ménard a su briller malgré un temps gris et parfois pluvieux et a réalisé les gros coups lors des moments cruciaux.

"J'ai joué deux bonnes dernières rondes, mais comme l'an dernier, je me suis tiré dans le pied dès la première ronde." de dire Grenier.
Grenier et Chabot ont eu leurs chances
Après un 82 en première ronde, Marc-André Grenier savait très bien qu'il devrait du golf de haut calibre pour l'emporter. Après avoir joué la meilleure ronde de la journée en deuxième ronde, il tirait de l'arrière par trois sur Ménard. Et il l'a pourchassé toute la journée. Après cinq trous, lui et Chabot étaient à égalité avec Ménard, qui avait connu un début de match difficile. Mais Ménard y allait d'un aigle au 6e, en calant son approche, lui qui se trouvait tout juste devant le vert. Possiblement le coup du tournoi. Et sur ce même 6e, Grenier ratait un court roulé pour l'oiselet et la tentative d'aigle de Chabot bifurquait autour du trou.
Ménard et Grenier jouait chacun 37 sur le premier neuf et Chabot 38, alors Ménard détenait trois coups de priorité sur ses plus proches rivaux à ce moment.
Grenier ne lâchait toutefois pas prise, s'approchant de la tête à quelques reprises au cours de la ronde. Mais au 11e et 12e, alors que Ménard commettait des
bogeys, Grenier ratait à chaque fois de courts roulés pour la normale, annulant ainsi toute chance d'égaler le meneur. Après un oiselet au 13e contre un par de Ménard, il s'approchait à deux coups. Et il continuait toujours de s'accrocher et après des bogeys de Ménard au 16e, un triple roulé, et au 17e, où celui-ci ne pouvait sauver le par à partir de la fosse de sable, Grenier n'était plus qu'à un coup du meneur avec un trou à jouer. Au 18e, alors que Ménard y allait d'un chip magistral après un coup de départ erratique, Grenier se devait de caler l'oiselet, un roulé d'une distance de 20 pieds. Malheureusement pour lui, il ratait de justesse et ses espoirs de victoire venaient de s'envoler.
"J'ai joué un bon match. J'ai raté de bonnes chances d'oiselet durant la partie, notamment au 2e, 3e et 14e. Mais après ma première ronde désastreuse, il aurait fallu que je joue une ronde près de la normale, ce que je n'ai su faire. Mais je suis satisfait de la façon dont j'ai rebondi après la première ronde." de dire Grenier, qui enregistre sa troisième deuxième place au Championnat (2009, 2011, 2013) depuis sa mémorable victoire de 2008. Il a bagarré férocement tout le weekend, mais son long jeu, surtout sur les tertres de départ, lui a nui: "Je ne sors pas du départ avec assez de puissance et précision. Si j'améliore cette facette de mon jeu, les résultats viendront."
Quant à Chabot, il est passé près, mais c'est une erreur d'inattention au 15e qu'il l'aura coulé. Il a été nez-à-nez avec le gagnant tout au long de la journée, l'égalant même à quelques reprises. Mais au 15e, alors qu'il était seulement deux coups derrière, il commettait l'irréparable: après avoir envoyé sa balle dans un hazard, il y déposait son bâton avant de frapper la balle, ce qui entraîne automatiquement un coup de pénalité. Il commettait alors un double bogey qui lui fut fatal. "Cette partie du terrain est nouvellement entourée de piquets rouges, indiquant un obstacle d'eau. Je n'y
ai pas pensé du tout. Sans cette erreur, peut-être que les choses auraient été différentes." de dire le double champion (2001 et 2007). "J'ai bien bataillé aujourd'hui, mais en bout de ligne, ce n'était pas ma journée. Je dois lever mon chapeau à Gilles, qui a tenu tête à tout ce monde, toute la journée." a-t-il ajouté.
Champagne passe près lui aussi
Finaliste au Match-Play plus tôt cette saison, Raphaël Champagne connaissait le genre de saison permettant de croire que 2013 serait peut-être l'année où il remporterait enfin son premier titre majeur. Mais en première ronde, il laissait trop de chances sur la table et ce fut la catastrophe en deuxième parcours, où un putting erratique et des coups de pénalité l'ont sorti du quatuor final. Toutefois, en ronde finale, il semblait transformé, déterminé à vouloir l'emporter.
Et il est passé bien près, terminant à deux coups de Ménard malgré un putting qui ne l'a pas vraiment aidé. "J'ai perdu le tournoi hier, sans aucun doute. Mais malgré tout, j'aurais pu gagner aujourd'hui." de dire Champagne. "Mon putter ne coopère pas du tout depuis deux semaines..."

Raphaël Champagne partait de loin, mais il est très près de réaliser une improbable remontée. "Je me suis donné les chances de gagner aujourd'hui, mais c'est hier que j'ai perdu le tournoi."
Champagne a commencé sa charge tôt, enregistrant un oiselet au 3e. Il commettait ensuite une première erreur au 5e: un triple roulé. Mais il récidivait au 6e avec un autre oiselet. Toujours à -1, il commettait un deuxième bogey au 12e. "Mon deuxième coup était atroce. Mon seul véritable mauvais élan de la journée. Mais à ce point, je savais qu'avec une bonne fin de ronde, tout était possible. Je me disais que 69 ou 70 aurait des chances de victoire et avec six trous à jouer, je pouvais y arriver."
Mais son plan ne s'est pas déroulé comme prévu. En bordure du vert en deux coups au 15e, il ne pouvait réussir l'oiselet. S'ensuivait un bogey au 16e et au 17e et 18e, il ratait d'excellentes chances d'oiselet de dix à douze pieds. "Je croyais que les dieux du golf me donneraient l'oiselet au 18e, après toutes ces chances ratées, mais il faut croire que ce n'était pas journée!" a-t-il

Robert Chabot a tenu tête à Ménard jusqu'à ce qu'une erreur d'inattention le coule au 15e.
commenté. "C'est frustrant de ne pas profiter de ses chances, surtout quand tu peux gagner. Mais j'ai joué une excellente ronde et je suis fier de la façon dont j'ai rebondi après mes bévues d'hier. J'ai beaucoup appris en fin de semaine. L'an prochain, peut-être que ce sera mon tour."
Les échos du Championnat
Commençons pas parler de la performance du jeune Simon Gaudet, 13 ans, le plus jeune de l'histoire à participer à ce tournoi. Après des rondes de 89 et 94, il a rebondi tel un champion avec une ronde de 79. Un bel avenir se dresse devant Gaudet, qui se probablement candidat au titre de Recrue de l'Année.
Le père de Simon, Robert-André Gaudet, qui avait bien entrepris le tournoi avec un 80, a conclu sa fin de semaine en queue de poisson avec des rondes de 87 et 89, bon pour une égalité en 18e place avec son neveu Louis-Alexis Gaudet, 16 ans, qui lui aussi a connu de difficiles dernières rondes après un 79 lors du tour initial. On dit que c'est une question de temps avant que fiston Simon ne surclasse son paternel...
Camille Champagne, champion en 2006 et 2011, faisait partie du quatuor final avec Ménard, Grenier et Chabot. Il tirait de l'arrière par quatre coups, un retard important mais loin d'être insurmontable. Mais il n'a jamais pu trouvé son air d'allée, notamment à cause de problèmes sur les verts. Il termine en cinquième place, résultat bien en deçà de ses attentes. "C'est un weekend a oublié, tout comme cette saison."
Martin Massy, qui a joué peu sur le Tour depuis la fin juin, semblait perdu en fin de semaine. Le joueur étoile et champion en 2010 a très mal entamé la première ronde, avec des triples roulés sur trois des cinq premiers trous, combinés à un triple bogey au 3e. Il n'a jamais pu s'en remettre et termine avec une très décevante 14e position alors que plusieurs le voyaient comme un prétendant au titre. "C'est simple: à chaque coup, je n'ai aucune idée où la balle partira. Tu ne peux gagner lorsque la confiance est à un niveau aussi bas."
Yves Comtois et Claude Mireault sont deux autres joueurs qui jouaient du bon golf avant le championnat, mais eux aussi ont connu un weekend difficile, terminant hors du top 10. Mais parions qu'avec leur expérience, ils sauront rebondir d'ici la fin de saison.

Avec cinq victoires majeures, Gilles Ménard est le joueur le plus titré de l'histoire du Montcalm Tour.
Il n'y a toutefois pas eu que des déceptions en fin de semaine. Vincent Labrèche, blessé en juin suite à un bête accident qui l'a fait rater le Match-Play et les qualifications de l'Interclub, connaissait une saison difficile jusque là. Mais il a connu un très bon tournoi, terminant 6e suite à une dernière ronde de 75, son meilleur score de la saison. "Hormis une mauvaise fin de ronde dimanche sur le Canton, j'ai vraiment bien joué. Je vais tenter de finir la saison en force et je crois que l'an prochain, je serai un meilleur joueur." a commenté le golfeur de 28 ans.
L'art de gagner
Finalement, malgré les hauts et les bas de tous les compétiteurs, l'édition du Championnat du Club 2013 fut l'affaire de Gilles Ménard, pour qui gagner n'a plus aucun secret.. Il a mené du début à la fin et malgré quelques accrocs en deuxième ronde, il a gardé son sang-froid et n'a laissé personne lui voler les devants. Un quatrième Championnat du Club pleinement
mérité pour Ménard. "Il ne fut pas facile à gagner celui-là!" de dire le champion. "Plusieurs joueurs étaient encore dans la course sur le deuxième neuf. Mais l'avance que je m'étais forgé plus tôt dans le tournoi m'a grandement aidé en fin de match." a-t-il jouté. Et lorsqu'on lui a demandé si cinq titres majeurs étaient assez pour lui, en grand champion, il a répondu qu'il en avait jamais assez. "Gagner est très satisfaisant et très motivant. Je sais que je peux rivaliser avec n'importe qui à Montcalm. Je vais tout tenter pour que d'autres championnats s'ajoutent à ceux que j'ai déjà gagnés!" a-t-il conclu, visiblement satisfait de sa performance.
Félicitations à Gilles Ménard et à l'an prochain!
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