Où s'arrêtera Tommy Ferron?
Il joue un grand match et gagne son quatrième titre majeur en carrière.
Ce ne fut pas facile, mais l'histoire vient d'être écrite: Tommy Ferron devient seulement le deuxième joueur à remporter les deux tournois majeurs la même saison, répétant l'exploit que seul Camille Champagne avait été en mesure d'accomplir en 2006. Après avoir battu Éric Laporte en finale du Match-Play plus tôt dans l'été, il a résisté à une charge du légendaire Gilles Ménard et à un Raphaël Champagne qui refusait d'abdiquer pour remporter son deuxième Championnat du Club et quatrième majeur au total. Maintenant, seul Gilles Ménard le devance dans cette catégorie avec cinq titres majeurs.
"Mon premier championnat fut un grand moment dans ma carrière, mais ce championnat, je l'ai durement gagné. Ce fut tout un match. Quand tu dois jouer 72 pour gagner, ça veut dire que la compétition était féroce." de dire le champion.

Ève Gaudet, championne du volet féminin, qui défend son titre avec succès et enregistre un troisième triomphe en quatre ans, et Tommy Ferron.
"La moindre erreur en fin de match aurait pu m'être fatale. C'est extrêmement satisfaisant de gagner un tel match. J'en suis fier. Et de gagner les deux majeurs la même saison, c'est vraiment spécial." a-t-il ajouté.
Un éclatant début de ronde
Menant par deux et trois coups respectivement sur Raphaël Champagne et Gilles Ménard, Ferron débutait le match de façon chancelante, ratant complètement son deuxième coup. Mais il sauvait le par grâce à une excellente approche. Toutefois, un oiselet de Ménard le ramenait à deux coups de la tête. Ferron mettait toutefois énormément de pression sur ses adversaires en réalisant des oiselets au 2e et 3e, lui qui n'en avait réalisé qu'un seul au cours des deux premières rondes. Il prenait une avance de quatre et freinait aussi les espoirs d'une spectaculaire remontée de

Avec trois rondes de 72 et un 76, le quatuor final, composé de Gilles Ménard, Tommy Ferron, Raphaël Champagne et Marc-André Grenier, a joué un niveau de golf rarement égalé en ronde finale du Championnat du Club.
Marc-André Grenier qui, après une fin de ronde torride la veille, entamait lui aussi la ronde finale avec des oiselets au 2e et 3e. Grenier ralentissait par la suite, terminant avec un pointage de 76 et une quatrième place.
Un duel à trois mémorable
Ferron réalisait sa première gaffe au 4e, un triple roulé. Mais au 5e et 8e, il calait des roulés de douze pieds pour sauver la normale et terminait avec un premier neuf de 35. "Mon putter avait été froid jusque là, mais il a coopéré au bon moment." de dire Ferron.
C'est vers la fin du premier neuf que Ménard et Champagne sonnaient la charge. Ménard avec des oiselets au 8e et 9e et un neuf de 34, et Champagne inscrivait un birdie au 9e et s'en tirait avec un 36 malgré quelques coups de départ erratique.
Et la charge continuait sur le deuxième neuf, Champagne avec des oiselets un peu chanceux au 10e et 12e (mais un bogey au 11e) et Ménard avec un quatrième oiselet dans sa ronde au 11e. Après douze, Ménard, qui était à -3 dans sa ronde, n'était qu'à un coup de Ferron, qui enfilait les normales. Plusieurs pensaient assister à une reprise de 2005, alors que Ménard avait joué un inoubliable 69 pour battre Robert Chabot lors du dernier tour.
Le 13e fatal à Ménard
Après avoir inscrit un double bogey en deuxième au 13e de la Seigneurie, Ménard répétait la même erreur en ronde finale, cette fois en ratant un coup de fosse de sable et en y allant de trois roulés. Il perdait ainsi tout son momentum et un bogey au 15e le ramenait à égalité à la normale, avec un retard de trois avec trois trous à jouer. "Je ne sais pas ce qui s'est passé." a commenté Ménard. "Tout allait à merveille jusque là. Je l'ai définitivement échappé sur ce trou."
Alors que Ménard trébuchait, Champagne s'accrochait à ses espoirs de victoire. Après avoir sauvé une normale au 14e suite à un coup de départ dans le bois, il réalisait une normale au 15e contre un bogey de Ferron, ce dernier étant frappé par une malchance sur son coup de départ. L'avance de Ferron n'était plus que d'un seul coup.

Gilles Ménard tente l'oiselet au 16e sous le regard de Marc-André Grenier. Il ratait son roulé, mais les dommages avait été fait plus tôt au 13e et 15e. Sa remontée historique n'a donc pas eu lieu. "Je me suis bien battu. Mais des errurs, ça arrive à tous les golfeurs. J'aurai la chance de me reprendre." a-t-il philosophé après le match.
Une fin de match enlevante
Après que Raphaël Champagne eut raté de près l'oiselet au 16e, Ferron ratait à son tour un cours putt pour l'oiselet qui aurait fait très mal à Champagne. Au 17e, les deux adversaires faisaient face à des roulés d'une vingtaine de pieds, mais à chaque fois, la balle refusait de tomber. On s'en allait au 18e, Ferron toujours devant par un.

Raphaël Champagne a tout donné, jouant sa meilleur ronde en carrière au championnat, mais il termine deuxième pour une troisième fois.
Champagne s'exécutait en premier sur la normale 3 et envoyait son coup de départ sur la bordure droite du vert, à environ 20 pieds de la coupe. Quant à Ferron, il se plaçait à 25 de la coupe, sagement sur le vert. Et son roulé d'approche s'arrêtait à un pied de la coupe, assurant ainsi le par et forçant Champagne a calé son deuxième coup. Optant pour son cocheur de sable, il envoyait sa balle dix pieds derrière le trou. Il rata ensuite son roulé, mais ça ne comptait plus: Tommy Ferron était à nouveau le champion du Club.
"Je devais passer sur quatre pieds de frise, alors utiliser le putter n'était pas la meilleure solution." a commenté Champagne. "J'ai joué agressivement: je n'avais plus le choix, seul un birdie m'aurait permis d'égaler Tommy."
Déception pour Champagne
Toujours sans victoire majeure, Raphaël Champagne n'a toutefois pas perdu le tournoi aujourd'hui: c'est Tommy Ferron qui l'a gagné. Deux fois dans le passé il avait l'avance en ronde finale, mais à chaque fois et il s'était écroulé et s'était contenté de décevantes secondes places.
Cette fois-ci, l'histoire fut différente. Il a joué un excellent match, mais son adversaire a lui aussi haussé son jeu d'un cran. "J'ai débuté le match avec deux coups de retard et après 17 trous,
j'étais -1, mais je tirais toujours de l'arrière. Tommy mérite pleinement cette victoire." de dire Champagne, qui est encore une fois frustré par Ferron, qui l'avait battu en finale du Match-Play l'an dernier.
Avec trois deuxièmes places au Championnat du Club et une finale au Match-Play, croit-il toujours en ses chances de gagner un majeur? "Je n'ai que 29 ans, je peux encore beaucoup m'améliorer. Je dois surtout être plus constant avec mes bois. Et à force de cogner à la porte, tu finis par entrer. J'ai assez bien joué pour gagner ce weekend, mais Tommy étais vraiment dur à battre."
Les échos du Championnat
Avec un quatrième titre majeur de remporter en seulement quatre ans, Tommy Ferron a déjà accompli plus qu'à peu près n'importe qui à Montcalm. Sa légende grandit de jour en jour. "Le meilleur a gagné. C'est aussi simple que ça." de dire le mythique Gilles Ménard, qui a terminé troisième. "Même si j'avais bien terminé ma ronde, un score de 69 m'aurait seulement envoyé en prolongation. Ça veut tout dire. Tommy n'a rien concédé du match."

Une saison dominante pour Tommy Ferron.
De son côté, Ferron prend les victoires humblement, mais il les apprécie grandement. "N'importe qui participant à ces compétitions veut l'emporter. Quand tu es dans la course en ronde finale, c'est très plaisant. On joue pour ça. Et quand tu gagnes, c'est une satisfaction incroyable." Maintenant pratiquement assuré du titre de Joueur de l'Année, le quadruple champion majeur entend terminer l'année sur une bonne note. "Il reste quelques tournois et gros matchs. La course au titre de meilleur boursier est serrée. Une bonne fin de saison me permettrait d'entamer 2015 avec confiance."
Même s'il a terminé cinquième, loin du champion, Vincent Labrèche a joué son meilleur match en carrière en ronde finale, un 72. Avec sa première participation à l'Interclub plus tôt dans l'été, 2014 fut un gros pas en avant pour le golfeur de 29 ans. "Je commence à voir mes efforts être
récompensés. Je sais que je peux faire partie de l'élite du TOUR et une telle performance me dit que je peux rivaliser avec n'importe qui."
Quant à Marc-André Grenier, il a bien terminé avec des rondes de 73 et 76, mais pour la troisième année consécutive, une horrible première ronde amenuise grandement ses chances de victoire. "Je sais ce que je devrai faire l'an prochain. Une meilleure préparation sera de mise."
Sur ce, félicitations Tommy et à l'an prochain!
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