Une lutte à deux en vue
Alors que Varin trébuche en 2e ronde, Ménard et Champagne se distancent du peloton.
Deux pars sauvés in extremis lors des deux premiers trous ont donné l'élan nécessaire à Gilles Ménard pour qu'il prenne les commandes du Championnat du Club. Toutefois, une bête erreur au 18e l'a fait reculer et il partage maintenant la tête avec Raphaël Champagne à l'aube du tour final, six coups devant Marc-André Grenier et Félix Varin, qui compléteront le quatuor final.
Le message est clair pour Champagne s'il veut finalement gagner son 1er championnat majeur: il devra passer sur le corps du joueur le plus titré de l'histoire du Tour, Gilles Ménard, qui détient cinq couronnes majeures, dont quatre au Championnat du Club.
"En tout cas, je devrai être plus constant qu'aujourd'hui, surtout contre un adversaire tel que Gilles." de dire Champagne, qui a réalisé trois oiselets contre cinq bogeys.
Difficile pour Varin
Meneur au début du 2e tour, Félix Varin n'a pas connu le départ escompté, enregistrant des bogeys au 1er et 3e. Comble malheur, il envoyait son coup de départ hors-limite au 5e et inscrivait un triple bogey. Il n'a jamais pu retrouver son rythme, ratant plusieurs coups de départ et a finalement terminé à 82, inscrivant un seul oiselet (au 15e), contre cinq la veille.
"C'était plus difficile aujourd'hui. J'étais un peu partout sur le terrain et je me cherchais." de dire le principal intéressé. "La pente sera dure à remonter, mais je suis confiant que mon jeu se replacera. On ne sait pas ce qui peut arriver. Je vais tout donner."


La légende Gilles Ménard pourrait grandir encore s'il parvenait à gagner son 6e titre majeur.
a ajouté le jeune lanaudois de 22 ans, qui sera du groupe final pour la 1ère fois de sa carrière.
Ménard craque à la toute fin
Suite à des coups de départ erratiques au 1er et 2e, Gilles Ménard avait quand même réussi chaque fois à sauver la normale, grâce à de bons coups de cocheurs et de bons roulés. Mais du 3e au 17e, il n'a rien raté, sa seule erreur étant un triple roulé au 14e, venant annuler son oiselet du 10e. Il maintenait tout au long du match une avance de 1 ou 2 sur Champagne, ce dernier étant incapable de le rattraper, et Ménard incapable d'ajouter d'autres oiselets à sa fiche malgré plusieurs bonnes chances, notamment au 6e et 9e. Toutefois, un double bogey au 18e est venu effacer toute l'avance qu'il s'était bâtie. Un 74 le place donc à égalité en tête avec Raphaël Champagne.

Raphaël Champagne peut-il hausser son jeu d'un cran et finalement remporter son 1er majeur?
"Mon jeu est solide, je frappe beaucoup d'allées et de verts." de dire le mythique golfeur canadien. "Aujourd'hui, plusieurs roulés semblaient parfaits, mais ont contourné la coupe. Si je continue ainsi, j'aurai de très bonnes chances de gagner. Ce sera tout un duel demain. Raphaël est déterminé à gagner un majeur et moi, je veux en gagner encore d'autres!"
De son côté, Champagne a connu un lent départ. Après un bogey au 1er, il ratait de courts roulés au 2e et 4e. Mais il réalisait un birdie au 7e suite à un chip-in. "Ce coup m'a remis dans le match. Ça prend un peu de chance parfois." Ensuite, il échangeait bogeys et oiselets du 8e au 11e, pour enfin stabiliser son jeu le reste du match. Un oiselet de 3 pieds au 17e aurait pu améliorer sa ronde, mais en vain.
"Si j'avais fait mes courts roulés, ça aurait pu être mieux. Mais avec un peu de malchance, ça aurait pu être bien pire, car j'ai fait quelques coups qui étaient très mauvais. Je suis toutefois satisfait de la tournure des événements. Je suis en très bonne position."
Un duel face à un titan
Raphaël Champagne n'a pas peut-être jamais gagné de majeur, mais il n'en est pas à sa première expérience en tant que meneur. En 2007 et 2010, il menait par un avant
la ronde finale, mais chaque fois, des scores de 81 l'avaient relégué au 2e rang. L'an dernier, il avait livré une féroce lutte à Tommy Ferron, mais malgré un 72 en ronde finale, il avait dû s'avouer vaincu. Tout ça sans oublier une défaite crève-coeur en finale du Match-Play 2013 face à Ferron. Est-ce que cette fois sera la bonne?
"Généralement, à force de frapper, tu finis par entrer." de dire Champagne. "Demain, j'essaierai de garder un bon rythme et de jouer intelligemment. Je vais faire de mon mieux, mais je sais que ce sera difficile. Gilles a cinq victoires majeures. Tu n'es pas le joueur le plus décoré par chance. Il a mérité ses trophées et demain, il ne me fera pas cadeau. J'essaierai de faire de même. Qui vivra verra." a ajouté le nord-américain de 30 ans.
Demain, nous saurons donc si Ménard ajoutera à son titanesque palmarès, ou si Champagne gagnera finalement ce 1er majeur que l'on attend depuis longtemps.
Les échos du Championnat
Après un 75 en ouverture, Marc-André Grenier était au plus fort de la lutte, surtout qu'il avait joué un 1er neuf de 35 sur le Canton. Mais après un roulé de 4 pieds ratés pour l'oiselet au 10e, tout s'est écroulé. Un double au 11e, suivi de deux bogeys et il a finalement terminé à 77, à six coups de la tête. "La chaîne a débarqué." a commenté le québécois de 26 ans.
Mais même s'il est à 6 coups de la tête, ne le comptez pas pour battu, car si quelqu'un sait ce que ça prend pour faire une telle remontée, c'est bien Grenier. "Ça prend une solide ronde finale et comme d'habitude, un peu de chance." On se rappelle qu'en 2008, il avait joué 31 sur le 2e neuf et il avait coiffé Camille Champagne et Robert Chabot au fil d'arrivée, sa seule victoire majeure. "Si je peux faire quelques roulés, j'aurai des chances. J'ai trop raté d'opportunités jusqu'à maintenant. Mais ça peut se replacer." a-t-il mentionné.
Bouthillier secoué
Alors qu'il jouait son 2e coup au 16e, Raphaël Champagne a envoyé son coup d'hybride sur le vert du 14e (les 14e et 16e partagent un vert double), passant tout près d'assommer Daniel Bouthillier. Ce dernier jouait un solide ronde, mais il a commis un double bogey au 16e, un quintuple au 17e et un bogey au 18e. Il a terminé avec 84, s'enlevant ainsi toute chance de rafler les grands honneurs.

À 13 ans seulement, Gabriel Gaudet mène la classe BB avec des rondes de 82 et 83. La relève du golf lanaudois se porte à merveille.
Le champion défendant Tommy Ferron devait jouer une grosse ronde suite à un 80 en levée de rideau. Mais le #2 du Canton a montré les dents et après deux drives hors-limite, il a inscrit un score de 8. "Mes chances de victoire venaient de prendre une sérieuse droite au menton." a mentionné le trifluvien d'origine. Toutefois, le quadruple champion majeur a fait preuve de cran et après 14 trous, il était à +2. Une mauvaise fin de ronde a toutefois gâché cette belle remontée et il a terminé à 78. "Mes coups de départ me coûtent beaucoup de coups. Ce qui était ma force l'an dernier est ma faiblesse maintenant. Je sais sur quoi je dois travailler."
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