Un véritable titan
Jouant du golf presque parfait, Gilles Ménard remporte son 5e Championnat du Club face à un Raphaël Champagne qui craque en fin de match.
Possédant déjà cinq titres majeurs en poche, dont quatre au Championnat du Club, il était difficile d'en demander plus à Gilles Ménard, le joueur le plus décoré de l'histoire du Montcalm Tour. Mais le golfeur lanaudois de 55 ans en a rajouté lors de l'édition 2015 du Championnat du Club, y allant de sa plus grande performance en carrière. Sa ronde finale de 72 lui procure un 5e titre à ce tournoi et un 6e titre majeur (deux records) et son cumulatif de +2 est le 2e meilleur dans l'histoire du Championnat (seul Sylvain Locas a fait mieux, avec un total de -2 en 2009). Son meilleur Championnat à vie, et une victoire par 5 coups sur Raphaël Champagne, qui n'a pu maintenir la cadence lors des cinq derniers trous.
Gilles Ménard et la championne du volet féminin, Ève Gaudet, qui l'emporte par un devant Micheline Cormier. Il s'agit d'un 4e titre en cinq ans pour Gaudet.
"C'est une victoire très spéciale, qui a été durement gagnée." de dire le champion. "J'ai peut-être connu ma meilleure fin de semaine de golf en carrière, mais j'ai aussi dû batailler durant les trois jours. Historiquement, mon total après deux rondes m'auraient donné une confortable avance, mais pas cette année. Je suis très fier et satisfait d'avoir pu sortir vainqueur." a-t-il ajouté.
Champagne a tout fait en fin de semaine, sauf gagner. Son 1er majeur devra attendre.
Champagne en avance après 9
Déterminé à finalement gagner son 1er majeur après quatre 2e places, Raphaël Champagne n'a pas semblé intimidé par le mythique canadien Ménard en début de match, réalisant un oiselet au 2e trou. Après s'être échangé des bogeys au 5e et 6e, un oiselet de Ménard remettait le match à égalité avec un birdie au 7e. Les deux joueurs commettaient des bogeys au 8e, mais Champagne reprenait les commandes avec un oiselet au 9e. Un score de 36 pour Champagne, contre 37 pour Ménard. Une lutte très chaude s'annonçait sur le dernier neuf.
Après avoir raté son coup de départ au 10e, Champagne se retrouvait possiblement dans le pétrin, car il faisait face à un roulé de 50 pieds pour le par et Ménard avait une chance d'oiselet de 12 pieds. Mais Champagne, contre toute attente, réalisait son putt. Toutefois, en grand champion, Ménard répliquait avec l'oiselet et le match était de nouveau égal.
Ménard prenait sa première avance du match suite à son 3e oiselet de la rencontre au 12e, mais il commettait un triple roulé pour un bogey au 13e et on retournait à la case départ.
Le vent tourne au 14e
C'est au 14e que le vent a tourné en faveur de
Ménard. Champagne ratait à nouveau son coup de départ, mais cette fois, il ne s'en tirait pas aussi bien que précédemment. Pris dans les racines d'un arbre, il prenait deux coups pour revenir dans l'allée et inscrivait un double bogey et ce, à un bien mauvais moment. Après des normales au 15e, les deux pugilistes envoyaient leur coup de départ dans la fosse au 16e, mais pendant que Ménard sauvait le par, Champagne commettait un bogey. Trois coups d'avance avec deux à jouer. En solide vétéran, Ménard plaçait sagement sa balle dans l'allée au 17e, ce qui signifiait que Champagne aurait besoin d'un petit miracle pour remonter la pente. Il commettait un autre double bogey, mais ça n'avait plus d'importance, le titre appartenait à Gilles Ménard.
Marc-André Grenier, Raphaël Champagne et Félix Varin, les trois autres membres du quatuor final, regarde Gilles Ménard enfiler le roulé victorieux au 18e.
"Ce fut un match plus serré que le score final ne l'indique." de dire Ménard. "Une bataille sans merci, qui aurait pu aller d'un côté comme de l'autre. Nous méritions tous les deux de gagner, nous avons joué des scores qui gagnent presqu'à chaque année, mais au golf, ça prend un gagnant et un perdant. Je suis très heureux de la façon dont j'ai joué sous cette pression." a ajouté le sextuple champion majeur.
Champagne encore 2e
Raphaël Champagne pensait bien que cette fois serait la bonne. Après des deuxièmes places en 2007, 2010 et une défaite crève-cœur l'an dernier, en plus d'une autre défaite crève-cœur en finale du Match-Play 2013, le québécois de 30 ans était dû. Et après avoir entamé le tournoi avec un premier neuf de 32, et avoir connu un excellent départ en ronde finale, le momentum était de son côté. Mais un obstacle de taille s'est dressé devant lui: Gilles Ménard.
"J'ai vraiment bien joué ce weekend." a-t-il commenté. À part mon double au 17e, où la concentration n'y était plus vraiment, j'ai assez bien joué pour gagner. Peu de golfeurs ont joué aussi bas à ce championnat. Mais j'ai fait quelques erreurs coûteuses en fin de match et j'ai payé le prix."
Selon lui, ses coups de départ lui ont coûté la victoire. "Sur le 2e neuf, je n'ai frappé qu'une seule allée. Ce n'est pas assez, surtout dans un match où le calibre est aussi relevé. Gilles ne se mettait jamais dans le trouble, ça prenait des oiselets pour le battre." Sachant sur quoi travailler, il ne désespère pas: "Mon tour viendra. Tôt ou tard, je finirai par gagner un majeur."
Les échos du Championnat
Outre l'historique victoire de Ménard, plusieurs autres choses se sont produites ce weekend. Dans la catégorie "Ça s'est replacé", la palme revient à Louis-Alexis Gaudet. Après un premier neuf de 47 en ronde finale, il a inscrit un 34 sur le neuf de retour. Il a terminé en 11e place, le golfeur lanaudois de 18 ans étant toujours en quête de son 1er titre majeur.
Il y a aussi le jeune Liguorien Gabriel Gaudet qui, à 13 ans, a remporté la palme dans la catégorie BB. "Mon jeu s'est replacé en fin de semaine." a-t-il
Avec une 7e place, Tommy Ferron a connu son pire Championnat du Club en carrière. "Un tournoi à l'image de ma saison, mais il reste encore beaucoup de golf à jouer. Je vais tenter de terminer l'année en beauté."
commenté. Après avoir fait 6 points lors de l'Interclub B, tout porte à croire qu'il sera nommé Recrue de l'Année.
Tirant de l'arrière par 6 au début de la ronde finale, Marc-André Grenier a entamé la ronde finale de brillante façon, réalisant des oiselets sur les deux premiers trous, le remettant dans la course. Mais les meneurs Ménard et Champagne ne concédaient rien, et petit à petit, il perdait du terrain. Sa ronde finale de 76 le place quand même en 3e place. "Une mauvaise fin de partie en 2e ronde m'a fait mal. Je n'ai pas connu mon meilleur weekend, et ça l'a pris du gros golf pour l'emporter. Mais mon jeu est bien meilleur que lors des deux dernières années, alors le futur augure bien."
Avec 5 Championnats du Club en poche et 6 titres majeurs, Gilles Ménard est installé au sommet pour encore plusieurs années.
Habitué de terminer en lion lors des rondes finales, Vincent Labrèche n'a pu faire mieux qu'un 81 lundi. Un tournoi décevant pour celui qui termine 17e. Quant au jeune canadien Simon Gaudet, sa dernière ronde de 73 le place au 4e rang. Son jeu s'est replacé après un désastreux 82 en levée de rideau.
Quant à Félix Varin, il n'a pu faire mieux que 82 et 81 après un merveilleux 70 en 1ère ronde. Il termine 6e, mais parions que l'expérience acquise lui servira grandement. Il sera à surveiller lors des prochaines éditions du tournoi.
Avec l'émergence de plusieurs jeunes joueurs, combinés aux joueurs vedettes déjà établis, les scores ont été plus qu'à l'habitude lors des deux Championnats du Club, et la compétition féroce (+2 cette année et +6 l'an dernier ont été les scores gagnants). Le Montcalm Tour se porte donc à merveille.
Sur ce, félicitations Gilles, et à l'an prochain!
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